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La Mémoire des génocides : Un regard vers le Futur.

Je commence mon intervention par un proverbe africain qui dit :  » On empêche celui qui veut partir mais il est difficile d’empêcher celui qui est déjà parti  »

Les génocides ne surgissent pas dans un vacuum. Ils sont le fruit de propagande, d’images et de discours répétés à tue-tête par ceux qui les planifient minutieusement. Le génocide n’est pas un phénomène qui se produit du jour au lendemain ou sans signes précurseurs. Il s’agit en fait d’une stratégie délibérée dont les répercussions se ressentent au-delà des frontières du pays touché car ce crime a des retombées négatives sur la sûreté et la sécurité des populations des régions avoisinantes.Comment comprendre le crime de génocide ? Peut-on expliquer ce crime hors du commun ? Pourquoi le XXe siècle a-t-il été qualifié de «  siècle des génocides  » ? Peut-on véritablement prévenir le génocide ? Quelle place consacrer au «  devoir de mémoire et la transmission » pour qu’il ne se reproduise pas plus ? Comment peut-on remédier au drame qui a frappé le Peuples juif, les Tutsis et les Arméniens ? Il n’y a pas eu de véritable prise de conscience globale et ces tristes faits deviennent relégués à l’histoire, sans recours à des mécanismes de prévention réelle. Quand on se penche sur ces drames, on sera toujours stupéfait de la faillite humaine à empêcher ce phénomène injustifiable du génocide, et de constater combien le monde demeure au centre de cette problématique humaine.
Ceux qui sont menacés de génocide aujourd’hui, que ce soient les Rohingas ou les Yazidis  ont un statut d’inférieurs dans le regard de leurs persécuteurs. Les Juifs européens de la 2ème guerre mondiale ont été identifiés par les nazis comme ayant du sang impur dans leurs veines, pour justifier leur maltraitance aux yeux d’un public intoxiqué par la propagande raciste.  Dans une telle situation, nous nous devons de constater les conséquences de la promotion de valeurs qui mettent une culture au-dessus d’une autre et par cela créent des divisions factices entre les êtres humains.Ce sont les instances internationales qui doivent mener le débat, et qui doivent obtenir de toutes les nations que leurs systèmes éducatifs incluent les génocides dans les programmes scolaires.La peur de la critique, les dérives nationalistes telles qu’on les observe en Pologne ou en Hongrie, les hésitations à reconnaître la responsabilité des génocides ne doit en aucun cas être tolérées.Il faut des femmes et des hommes de courage qui n’abandonnent jamais le combat pour la dignité humaine. Les responsables de toutes les religions doivent unir leurs efforts, et éduquer leurs fidèles contre le racisme et la division ethnique pour permettre à la spiritualité de jouer son rôle actif dans ce que nous appelons le Tikkun-Olam, un terme issu de la tradition juive qui veut dire à la fois embellir, élever, réparer et guérir le monde. Les génocides sont une tâche sur l’image divine de l’être humain. Il est faux de croire que nous sommes capables de telles atrocités et en sortir indemnes. L’Europe est encore dans le processus de guérison de la Shoah de ses Juifs et Tziganes. Ces derniers, pourtant aussi européens que les autres, sont toujours proie aux pires xénophobies et ostracismes sociaux. Les enfants soldats des régions des Grands Lacs en Afrique Centrale, deviennent des adultes traumatisés, dont la réinsertion sociale est d’une extrême difficulté seront peut-être des futurs génocidaires. Il faut effectuer ensemble une thérapie des communautés des victimes et combattre sans peur les idéologies et philosophies qui réduisent l’humain a un nombre sans âme dont on peut disposer à volonté. Nous, à la FJN, croyons que tout humain à droit à son titre de noblesse, et qu’il faut lui rappeler sans cesse que dans son essence, il est le gardien de son frère.« la prise de conscience et l’éducation restent les meilleures armes pour prévenir le génocide ».

A ceux de nos coreligionnaires qui sont tentés par un négationnisme, dites-vous que vous représentez tout ce que les racistes  exècrent en faisant parti de fait d’un prétendu « normalité ». Alors oui vous pouvez succomber aux sirènes d’une nouvelle logorrhée s’adressant à la communauté juive via la fausse amertume. La tentative pour éliminer le génocide en le niant est aussi intolérable moralement qu’inadmissible intellectuellement. Mais l’extermination des Juifs, paroxysme (avec celle des Tziganes) du délire raciste né sur le terreau du vieil antisémitisme, plaie de l’Europe, a aussi une autre signification. Sous prétexte de race, c’est au peuple témoin de la force de la loi et de l’éthique, témoin de l’universalité des valeurs, que s’en prend le nazisme. Nier le génocide, c’est une manière d’évacuer les questions que pose à l’Europe, le destin du peuple Juif (aux chrétiens et aux amis des Droits de l’homme notamment). C’est chercher à détruire la mémoire d’un forfait monstrueux commis au centre de l’Europe, qui questionne la conscience occidentale et incite à la vigilance face aux mystiques fusionnelles et aux morales fondées sur l’obéissance et la soumission (des exécutants). En France où l’on apprend progressivement comment le régime de Vichy a composé avec le vainqueur au point de contribuer à la réalisation de la solution finale, la mémoire doit être conservée, et la connaissance transmise. Il faut combattre le négationnisme.

Les juifs négationnistes chez nous.

Quand on entend dire de la bouche d’un rabbin que les juifs qui sont morts pendant la shoah, c’est de leur faute. Charles Rozjman  répond : « Les obstacles que nous rencontrons dans l’existence sont souvent le fruit d’une profonde détestation de nous-même. Débusquer ce sentiment inconscient peut nous aider à nous réparer vraiment. Lorsque nous rencontrons des difficultés, nous avons tendance à penser qu’elles viennent des autres ou des circonstances qui ne sont pas propices. Nous avons du mal à voir qu’elles viennent de nos propres empêchements et de ce qu’ils  traduisent : une mauvaise image de nous-même. Tant que nous n’avons pas conscience de ce qui nous a été fait, nous risquons à notre tour, sans le voir, de nous culpabiliser ».

D.ieu ne donne la sagesse qu’à celui qui la possède déjà.

De la nécessité de disposer d’hommes compétents pour  en tirer le meilleur. La communauté est une matière dans laquelle les femmes et les hommes sont chargés de la gestion et de l’organisation. Le dirigeant communautaire, s’il est compétent doit être sage, prudent et réaliste. Il doit faire preuve d’intelligence afin de gérer convenablement la communauté, d’où la sagesse et la prudence. La transmission de la mémoire de la Shoah est un échec, à nos jours.

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