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Kislev, Mois des Miracles

C’est quand nous croyons être au milieu de la nuit que la lumière commence à se révéler.
Kislev est le mois hébraïque qui représente la première flèche tirée de l’arc de lumière vers le centre de l’obscurité, qui est notre ignorance, le sommeil de l’esprit.
Au 25eme jour de ce mois commence la fête de Hanoucca, que nous célébrons par le simple outil de la lumière.
Tout ce qu’il faut pour célébrer cette fête, c’est un candélabre et des bougies.
Ce candélabre, la Menorah doit supporter 9 bougies: le Shamash, bougie centrale, et 8 autres au nombres des jours de la fête.
Chaque jour de Hanoucca on allume une bougie et on procède en ordre croissant, pour arriver à la fin de la fête à 8 bougies.
L’idée motrice de cette action dans le temps, est de comprendre que la lumière de nos cœurs, d’abord imperceptible et cachée, peut s’accroître et se multiplier de plus en plus, jusqu’au point où elle est libérée et se répand dans tout notre univers.
Le miracle de Hanoucca reflète des événements historiques qui ont confronté nos Sages à l’arrivée du mode de vie et des valeurs de la civilisation grecque, dans un rapport de domination qui menaçait la tradition hébraïque.
Les Maîtres du Judaïsme voyaient que l’injustice et le manque d’humanité des armées grecques étaient suivis par des lavages de cerveaux philosophiques et stoïques qui soumettaient les esprits après avoir conquis les corps.
La révolte des Maccabées représente la rébellion contre le fatalisme passif, la mort du cœur, préconisé par la philosophie grecque.
Car ces fatalistes nous disent les Sages, sont des cœurs froids qui vivent du labeur et de la souffrance des plus démunis, tout en s’accordant le luxe de délibérations cyniques sur le sens de l’existence.
Le seul rôle réservé aux démunis et conquis était d’accepter le courroux des faux dieux grecs, et de subir la destinée de subjugation qui leur était vouée, comme les Dalit a l’époque des castes hindoues.
Ainsi Hanoucca représente le combat et la victoire progressive de la lumière du coeur contre l’obscurantisme défaitiste et fataliste qui menace les esprits à chaque époque.
Il faut se rappeler de la simplicité du commencement. L’amour est ce commencement. Comme c’est écrit:
עולם חסד יבנה
Le monde fut établi sur l’amour.
La passivité soumise conduit éventuellement à l’oubli, et à la nécessité de se fatiguer à créer une nouvelle identité, basée sur des valeurs sans fondement, pour du court terme sujet à changement subit.
Et si ces valeurs sont individualistes, tout point de repère est occulté.
La lumière qui progresse, la nouvelle lampe qui se joint aux autres lampes, revenant toujours à la première bougie, restant consciente de son commencement dans la simplicité, est une lumière qui peut témoigner du miracle de l’amour et véhicule celui-ci à travers le temps pour chaque génération.
À l’époque de l’électricité globale, l’Internet, l’intelligence artificielle, Hanoucca nous rappelle de ne pas nous perdre dans l’oubli, la passivité, et la soumission au sort.
Notre petite lumière intérieure peut allumer tout notre univers intérieur et même éclairer et réchauffer les autres cœurs autour de nous, pour les ramener à la vie.
Une lumière est partagée c’est un Tzeddek, une action juste qui se joint à une autre comme il est écrit :  צדק צדק תרדוף 
Ce partage est ce qui définit le Tzaddik.
En faisant la Mitzvah de Hanoucca, nous prenons conscience de l’importance de nourrir nos âmes par la lumière de la Thora qui nous apprend le Tzeddek du partage.
Ainsi même le cœur le plus simple se réveille, grandit et fleurit par l’étude des paroles brillantes de sagesse et de véritable Amour des générations de nos Maîtres, les Tzaddikim, qui sont les lampes vivantes de chaque génération.

 

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