Lors d’un voyage express au Nigeria,Emmanuel Macron bouscule les habitudes et tente de
démontrer que le temps de la mise en pratique avait commencé.
Emmanuel Macron a insisté sur le fait que « le cœur de cette visite est d’élargir le partenariat entre la France et le Nigeria sur des sujets culturels, économiques et sportifs », le moyen selon lui de donner des « perspectives et des opportunités à la jeunesse » pour qu’elle ne rejoigne pas les mouvements djihadistes.
Sans veste ni cravate, c’est un Emmanuel Macron détendu qui a célébré, dans la soirée de mardi 3 juillet, la créativité africaine. Le président français s’est rendu dans une salle de concert de Lagos, au Nigeria, haut lieu de l’afrobeat contestataire. « Il faut donner à voir la vitalité de la culture africaine, dont le Nigeria est une vitrine », a déclaré le président français avant de se rendre au Shrine.
Située dans le centre historique de la mégapole nigériane, cette salle de concert a été créée par Fela Kuti, inventeur de l’afrobeat, une musique qui fusionne funk, soul, jazz et airs africains, avant d’être relancée par son fils Femi Kuti. « C’est un lieu iconique », « vibrant », a salué Emmanuel Macron, en racontant l’avoir découvert en 2002 pour un concert de Femi Kuti alors qu’il effectuait son stage de l’ENA à l’ambassade de France à Abuja.
Premier président français à se rendre à Lagos, Emmanuel Macron a tenu à y retourner pour un rendez-vous festif afin de changer des soirées, souvent protocolaires et empesées, des voyages à l’étranger.
Saison des cultures africaines
« C’est formidable de voir que le président français a un intérêt si personnel pour la ville de Lagos, confiait dans la salle l’acteur nigérian Ozzy Agu. On a le sentiment quand on le voit ici qu’on peut aller boire un verre avec lui et papoter. » Pour Emmanuel Macron, la soirée au Shrine a été l’occasion de lancer l’organisation de la Saison des cultures africaines qui se tiendra en France en 2020. Il s’agit de déployer « une stratégie culturelle et artistique qui remette l’Afrique » au centre, a confié Emmanuel Macron. Car, a-t-il estimé, « nous avons besoin que les Africains parlent eux-mêmes de l’Afrique ».
The Shrine is an iconic cultural hub. And I say with a lot of humility that I recognize the importance of African culture. pic.twitter.com/u77v7tiEKx
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) July 3, 2018